Les bâtiments comme banques de matériaux – maintenir les ressources en circulation
Le secteur du bâtiment est l’un des plus grands consommateurs de ressources naturelles dans le monde et génère d’importants volumes de déchets de construction et de démolition. Le béton, la brique, l’acier et la pierre naturelle sont souvent réutilisés à un niveau de qualité inférieur ou éliminés après la déconstruction, alors qu’ils constituent encore des ressources précieuses, dans un contexte de raréfaction des matières premières.
Comment répondre aux besoins futurs tout en renforçant l’économie circulaire dans le secteur du bâtiment, face à des ressources limitées ?
La réponse réside dans l’urban mining, qui considère les bâtiments existants comme des banques de matériaux. Au lieu d’être simplement démolis en fin de vie, leurs matériaux sont identifiés, triés, traités et réutilisés autant que possible à un niveau de qualité élevé. L’objectif est de maintenir les matériaux de construction minéraux — béton, maçonnerie, pierre naturelle — le plus longtemps possible dans le cycle des matériaux, de réduire la consommation de ressources vierges et de limiter les émissions de CO₂ liées aux transports grâce à la réutilisation locale.
Les modèles numériques de bâtiments (« digital twins ») peuvent stocker des informations sur les matériaux intégrés aux ouvrages, de sorte qu’en fin de vie, des données relatives à leur qualité et à leur quantité soient disponibles. Le projet UniGR-CIRKLA analyse également les flux de matières des matériaux de construction minéraux et de l’acier au sein des processus de recyclage. Cela permet de mieux comprendre les chaînes de matériaux tout au long du cycle de vie des bâtiments et d’améliorer la planification des opérations de déconstruction et de valorisation.
Un accent particulier est mis sur la production de granulats recyclés de haute qualité issus de la déconstruction du béton et de la maçonnerie, ainsi que sur leur réutilisation dans la fabrication de béton neuf. L’objectif est ainsi de placer au cœur d’une future économie circulaire du bâtiment non seulement le recyclage, mais surtout la qualité des matériaux et la préservation de leur valeur.

